Les fêtes et leurs déviations
Halloween… Toussaint… Jour des morts… ou la pseudo conversion chrétienne des religions païennes
Depuis plusieurs années en France, nous assistons à la déferlante "Halloween" qui par médias interposés, précède les premier et deux novembre, traditionnellement religieux et d’appartenance catholique. Quel crédit accorder à ces trois jours, un retour historique s’impose pour comprendre, et au travers de celui-ci, essayons de discerner syncrétisme et vérité, même si la tradition religieuse face aux pouvoirs médiatique et politique, semble de plus en plus reculer, préférant y voir dans la période des fêtes dites de la Toussaint, quelques jours de vacances pour les écoliers et inlassablement des souvenirs mortuaires qui font le bonheur des fleuristes par chrysanthèmes interposés. Au passage, la venue du chrysanthème en Europe date de 1789, c’est le marin marseillais P. Blanchard qui l’importa.
Ce qui paraît dommage quelque part, c’est l’obstination religieuse, laïque et populaire pour cette forme de croyance au sujet de la mort, alors que le Nouveau Testament et la foi en Jésus-Christ nous disent tout autre chose.
Ce que nous disons, c’est que dans l’histoire occidentale à cause d’un clergé carolingien puis médiéval qui préféra « évangéliser » les populations barbares sur le mode de l’Ancienne Alliance, sans trop tenir compte du Nouveau Testament (lire André Vauchez, La spiritualité du Moyen Age occidental, chapitre 1, page 13, Edition du Seuil). Depuis lors bien des générations hélas ont été amenées par crainte de Dieu (mais surtout du clergé) à avoir peur de la mort, plutôt que d’avoir pleine confiance par la foi en Jésus-Christ, en leur résurrection ! C’est bien ce que Jésus-Christ de par son sacrifice à la croix et par son Evangile, est venu donner à tous les hommes : la victoire sur la mort, en ayant foi en Lui !
D’abord Samain…
Dans la religion des Celtes, il était de coutume de fêter le nouvel an, le 1er novembre, c’était le jour de la fête de Samain. Elle marquait pour eux la fin de l’été et le début de la saison froide et sombre. Par croyance, les Celtes s’imaginaient que lors de ce passage de saison, des êtres venus des ténèbres se glissaient alors parmi les hommes.
Delà une abondante superstition laissa place aux fantômes, sorcières, démons, mais aussi lutins, fées… Créatures imaginaires qui peupleraient le monde de l’invisible et qui chaque année à la fête de Samain se donnaient rendez-vous.
Aparté…
Qu’ils soient celte, romain, grec ; fêtes et rites religieux de type païen ont tenu une grande place dans l’Antiquité. Lors de la conversion de l’empereur romain Constantin, en 324, au "Christianisme", le calendrier païen romain fut "christianisé", et toutes les fêtes païennes (sauf une : le 1er janvier : date de naissance de l’Empire Romain !) furent récupérées et mise à la sauce chrétienne, en les adaptant et les présentant comme des règles voulues par Jésus.
Chacun sait qu’en 410, l’empire romain d’Occident s’effondra et que malgré cela, sa religion "officielle" restait le Christianisme. Seul garant d’un type de pouvoir, le clergé se trouvait être seul à savoir lire et écrire. Il transforma donc le pouvoir politique romain impérial en pouvoir religieux romain clérical . Face aux débordements des croyances barbares, le clergé, fidèle à l’idée de maintenir le Christianisme comme religion officielle de l’Occident, entreprit donc la conversion des populations barbares à la religion chrétienne. Aussi lui fallut-il effacer de la mémoire barbare "nouvellement baptisées", toutes fêtes et dieux païens. Pour ce faire, le clergé occidental, d’une part, substitua tous les lieux et dieux du paganisme barbare, par une église dédiée à saint ceci ou saint ou sainte cela (en France, plus de 13 000 villes et villages qui portent le nom d’un saint !) et d’autre part, "christianisa" les célébrations de fêtes païennes.
C’est le cas de la Toussaint…
En 609, à Rome, subsistait encore un rare temple à consonance païenne qui "s’apparentait plus ou moins encore à une déesse ayant quelques traits communs avec l’idée de la Vierge". Le pape Boniface IV décida donc de consacrer cet ancien panthéon religieux "à la Vierge et à tous les martyrs". Quelque temps plus tard, il fut décidé d’y ajouter : "aux martyrs… tous les saints". Voilà le point de départ. Et bien sûr, cette fête devenue de "tous les saints" fut célébrée durant environ deux siècles à la date du 13 mai. C’est en 835, que sa date fut déplacée au 1er novembre et ce afin d'éviter la confusion avec les traditions païennes celtes. Le clergé occidental décida de frapper un grand coup, en imposant aux populations ex-barbares néo-chrétiennement baptisées, la fête de la Toussaint comme substitut de Samain.
Halloween…
L’idée de la Toussaint avait malgré tout pour le clergé, le but d’apporter aux populations de la période carolingienne, puis de la période médiévale, une nouvelle forme de croyance par cette fête. Parallèlement le clergé occidental dans cette forme de "christianisation", frappait l’imagination populaire en invitant à bien faire la différence entre l’esprit païen ancien et la croyance chrétienne nouvelle issue du clergé occidental. Et c’est de ce langage clérical anglo-saxon que naîtra le mot "All Hallow’s Eve" devenu "Halloween" qui signifie "La veille de la Toussaint" ; comme pour signifier aux peuples barbares qu’avant leur conversion ils étaient perdus et que maintenant sous tutelle "chrétienne", ils sont devenus par le clergé occidental " tous saints". A l’appui bien sûr une légende (ou une de ces multiples hagiographies médiévales) qui en Irlande devint tradition : …"l’histoire d’un certain Jack qui vendit son âme au diable et qui à sa mort fut condamné à errer sans fin dans la nuit éternelle et le diable clément pour l’éclairer, lui donner quelques braises de l’enfer qu’il plaça dans un navet creusé"… On prit donc l’habitude en Irlande, le 31 octobre, de faire des lanternes en creusant navet ou betterave voire plus tard pomme de terre, puis via les Etats-Unis d’Amérique en dernier lieu la citrouille, pour évoquer les âmes des morts qui errent non converties au christianisme "La veille de la Toussaint" (Halloween). Importée depuis par les Irlandais en Amérique, cette nuit est devenue un culte médiatico-commercial laissant réapparaître toutes les superstitions des Celtes, mais aussi toutes les croyances de réincarnation, de peur et de mort de l’époque médiévale colportée jusqu’à nos jours.
Fête des morts et prière pour les morts, alors…
C’est à la fin du Xème siècle que naquit cette fête. Elle tient son origine de la spiritualité monastique de l’abbaye de Cluny et c’est l’abbé Odilon qui institua "La fête de la commémoration des défunts fidèles ou jour des Morts". A l’origine, dans la croyance religieuse monastique de l’époque féodale, la prière liturgique n’était plus véritablement acte de louange et d’action de grâce, elle était devenue essentiellement intercession et demande. Et autour de l’an mille, on assista partout à une multiplication spectaculaires des messes votives célébrées à des intentions bien particulières. Des chaînes de prières entre monastères et moines de chaque abbaye associée se développaient avec les obituaires (registre renfermant la liste des défunts) où bienfaiteurs laïcs, souverains ou grands, ainsi que moines, prêtres, etc., étaient inscrits afin que : "les moines prient, demandent, intercèdent encore pour eux… même morts". C’était un honneur qui valait bien de gros sacrifices matériels, sous forme de donation pieuses. Telle était la croyance religieuse que l’on avait sur la mort à l’époque médiévale… Et comme toutes les autres croyances, la fête des morts eut un jour fixé au calendrier au début du XIème siècle.
Antérieure à cette fête, "La prière pour les morts" a deux origines :
- Une, tirée du II Maccabées des deutérocanoniques de la Bible hébraïque (inscrit au canon des Ecritures catholiques et non protestantes de la Bible), chapitre 12 : 38-45. Elle parle d’une situation où devant des morts, Judas Maccabées prie pour demander que les fautes de ces hommes morts soient pardonnées (verset 44) : "car, s’il ne s’attendait pas au retour à la vie des victimes, il eût été superflu et sot de prier pour les morts" ;
- Côté païen, c’est à partir de la pensée de l’éternité que bien des suppositions sur le repos de l’âme après la mort (sans qu’il soit jamais parlé de résurrection) ont sillonné dans tous les peuples païens de l’Antiquité et même après. Ainsi en lisant Ovide : "Je demande en priant que tes restes reposent en paix et en sûreté dans leur urne" et aussi Tibulle : "Je passerai près de ton tombeau et je m’y assiérai en suppliant".
Ces idées païennes au sujet des prières pour les morts exercèrent une grande influence et beaucoup de Pères de l’Eglise s’en inspirèrent et les modifièrent à leur gré jusqu’à son adoption officielle par le clergé religieux au Vème siècle.
Non Jésus n’a pas institué
Halloween, Toussaint, Jour des morts...
Avec Lui et son évangile, c'est toute autre chose !
- De toutes ces fêtes, Jésus dit en Matthieu 8 : 22 : "Suis-moi et laisse les morts enterrer leurs morts" ;
- Promesse de résurrection par Jésus-Christ, Jean 5 : 25 et 29 : "En vérité, en vérité, je vous le dis, l’heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu ; et ceux qui l’auront entendue vivront…/…Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront vécu dans le mal ressusciteront pour le jugement" ;
Jean 8 : 51 : "En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu’un garde ma parole, il ne verra jamais la mort" ;
- Sur la foi, Matthieu 16 : 17 et 18 : "Tu es heureux, Simon, fils de Jonas (mais aussi vous, les êtres humains qui avez foi en Jésus-Christ encore aujourd’hui) ; car ce ne sont pas la chair et le sang (toi-même avec ta pauvre nature humaine) qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux. Et moi, je te dis que tu es Pierre (mais vous aussi tous les êtres humains sauvés et rachetés par la foi en Jésus-Christ) et que sur ce roc (cette pierre humaine devenue vivante pour Dieu) je bâtirai mon Eglise, devant laquelle ni le Pouvoir de la Mort, ni les Puissances infernales ne résisteront (et donc) ta foi en moi, personne ne pourra la détruire" ;
Des épîtres nous disent aussi la même chose !
- Paul en I Thessaloniciens 4 : 13 et 14 : "Nous ne voulons pas, frères, que vous soyez dans l’ignorance au sujet de ceux qui sont décédés, afin que vous ne vous affligiez pas comme les autres qui n’ont point d’espérance. Car si nous croyons que Jésus est mort et qu’il est ressuscité, croyons aussi que Dieu ramènera par Jésus et avec lui ceux qui sont décédés" ;
- Lire aussi de Paul tout le chapitre 15 du I Corinthiens ;
- Hébreux 2 : 14-15 : "..Ainsi donc ces enfants (donc tous les chrétiens qui ont foi en Jésus-Christ) sont des hommes de chair et de sang, il (Jésus) devait partager notre condition humaine. Il l’a fait afin qu’en passant lui-même par la mort, il puisse ravir à celui qui détenait la puissance de la mort, c’est-à-dire au diable. Ainsi (depuis) il a délivré ceux que la peur de la mort tenait, leur vie durant, dans un véritable esclavage".
Tout chrétien doit donc savoir que :
- La mort physique frappe tous les hommes depuis Adam et Eve (Genèse 3 : 19) et ce caractère universel est bien la conséquence de l’universalité du péché (Romains 5 : 12-21);
- La mort physique frappe le corps seulement ; elle ne met ni fin à l’existence de l’âme, ni à celle de la conscience (Habacuc 2 : 5, Luc 16 : 23, Apocalypse 6 : 9-11) ;
- La mort physique sera suivie un jour de la résurrection corporelle, mais à l’heure actuelle tous les chrétiens comme toute l’humanité restent soumis à la mort physique (Job : 19 : 23-27, I Corinthiens 15 : 35- 57, I Thessaloniciens 4 : 13-17) ;
- La mort physique du chrétien doit être désignée du terme particulier de sommeil parce que le corps du chrétien peut être réveillé et transformé à tout instant (Jean 11 : 11-27, Philippiens 3 : 20-21) ;
- La mort physique introduit immédiatement le chrétien "auprès du Seigneur", son corps attendant la résurrection au retour de Christ (2 Corinthiens 5 : 1-8, Apocalypse 20 : 4).